Implémentation n°1 : Répartition de la population

  • Le gouvernement (ou l’autorité locale) annoncera qu’AQ commencera à la date X.
  • Les employeurs auront le temps de réfléchir à la manière dont ils souhaitent diviser leurs employés.
  • Les citoyens auront le temps de réfléchir à leurs contraintes personnelles.
  • Chacun sera informé par son autorité locale de son affectation de groupe : rouge ou bleu.
  • Si vous êtes satisfait de votre groupe, vous n’avez rien à faire. Suivez simplement les règles AQ.
  • Si vous souhaitez changer de groupe, il y aura un intervalle de temps pour les changements (selon vos besoins personnels ou ceux de votre employeur). Il vous suffit de vous connecter au site Web et d’informer votre autorité locale que vous avez changé. Pas de bureaucratie, pas de dossiers, pas de comité spécial. Vous les informez simplement que vous avez changé.
  • Il y a cependant cette condition: si vous changez, tout votre foyer change avec vous. C’est la seule restriction que vous devez respecter.
  • À cette date, la population sera naturellement divisée en groupes qui conviennent (autant que possible) à tout le monde.
  • Après la date X, aucune autre modification ne peut être effectuée. Vous êtes maintenant coincé avec le groupe que vous avez choisi.
  • Votre application mobile reçoit une couleur: rouge ou bleu, à afficher dès l’entrée dans les lieux publics.

Et si tous vos employés faisaient partie du groupe rouge ? C’est un scénario imaginaire qui ne se produira pas si le gouvernement suit notre plan de mise en œuvre. Nous avons construit une stratégie de partitionnement fluide qui attribuera (presque) à tous les citoyens et employeurs leur horaire AQ préféré. Donc, s’il est correctement mis en œuvre, (presque) tout le monde devrait être heureux. Par exemple, les citoyens peuvent vouloir changer de groupe pour être en phase avec quelqu’un d’autre (par exemple, ils prennent soin de leur grand-mère et souhaitent être dans le même groupe qu’elle). Les employeurs peuvent avoir une partition préférée qui est optimale pour leurs besoins opérationnels.

L’idée est d’accueillir TOUTES ces demandes et préférences, sous une seule condition: que vous et tous vos cohabitants restiez dans le même groupe. Donc, si je veux être dans le groupe rouge mais ma femme dans le groupe bleu, nous devrons régler cela entre nous. À part cela, tout le monde pourra choisir sa cohorte.

Cela garantit plusieurs choses :

  • il n’y a pas d’arbitraire ni d’absurdité. Vous obtenez le groupe que vous vouliez,
  • c’est très convivial pour les civils,
  • aucun employeur ne sera coincé avec une partition extrêmement gênante.

Comment pouvons-nous être si flexibles ? C’est très simple : la partition ne doit pas nécessairement être exactement 50:50, nous avons donc beaucoup de marge de manœuvre pour répondre à toutes les demandes.

C’est facile à mettre en œuvre, vous avez juste besoin d’un site Web accessible et que chaque autorité locale assure le suivi des échanges de groupes de personnes.

Implémentation n°2 : Population encouragée au respect des règles

Le principe fondamental de notre stratégie est d’éviter la coercition. À savoir, nous cherchons à créer un cadre qui encourage la coopération, plutôt que d’avoir des interactions coercitives entre la police et les civils. Ceci est basé sur trois grands principes :

  • Responsabilité école / employeur : vous ne pouvez pas tricher parce que l’école n’acceptera pas les enfants hors cycle, et votre employeur non plus, car elle est susceptible de travailler en équipes entièrement séparées. Par conséquent, la principale incitation à faire défaut est supprimée.
  • Soutien : les gens seront invités à s’approvisionner une semaine à l’avance. Contrairement à un verrouillage complet, d’une durée de plusieurs semaines, où vous devez permettre aux gens de s’approvisionner (conduisant à l’absurdité de prouver par une attestation que vous êtes dehors pour des achats nécessaires). Ici les gens ne s’isolent qu’une semaine à la fois. Pendant cette semaine, il n’est pas du tout nécessaire pour eux de sortir. Les ménages peuvent rester autonomes pendant une semaine. Si des besoins imprévus surviennent (réfrigérateur en panne, médicaments, etc.), la municipalité locale aura une équipe pour fournir des solutions sans briser la routine AQ. N’oubliez pas que vous pouvez inviter un plombier ou un technicien qui fait partie de votre cohorte. L’équipe de résolution de problèmes dévouée vous aidera à résoudre ce problème. Pour coopérer, les gens doivent sentir que les autorités sont compétentes.
  • Application mobile : lors de l’entrée dans les lieux publics, il vous sera demandé de présenter votre cohorte (rouge ou bleue) et vous ne serez autorisé à entrer que si c’est votre semaine active. Cette application n’a pas besoin de vous suivre ou de porter atteinte à votre vie privée, elle indique simplement si vous êtes dans le groupe rouge ou bleu.

On a donc un cadre qui soutient la coopération, sans aucun recours à la police. La police peut être réservée aux infractions majeures, comme un employeur qui enfreint les règles. Mais ne doit pas du tout traiter avec des particuliers.

Cette méthode est très efficace pour deux raisons :

  1. Tout d’abord, elle divise le taux de contamination par 4 :
    • Chaque personne ne sort de chez elle que la moitié du temps : le taux de contamination est déjà divisé par deux.
    • Quand elle est à l’extérieur, elle ne rencontre que la moitié des personnes qu’elle a l’habitude de rencontrer : on divise la chance de se faire contaminer une nouvelle fois par deux : division par 4
  2. Ensuite, cette méthode permet – sans aucun coût supplémentaire – un isolement systématique des personnes contagieuses :
    • Une personne contaminée en semaine 1 ne sera contagieuse qu’en semaine 2
    • En semaine 2, cette personne et ses contacts seront donc dépistés et isolés.

La combinaison de ces deux éléments rend cette stratégie particulièrement efficace.

  • On garde un dynamisme dans tous les secteurs d’activité !
  • Un confinement d’une semaine sur deux correspond à plus de 50% d’activité.
  • Les télétravailleurs :
    • Peuvent continuer à travailler
    • Tout en rencontrant leurs équipes de temps à autre ce qui augmente leur productivité
  • Les secteurs d’activité qui nécessitent un contact direct :
    • Peuvent travailler une semaine sur deux – ce qui est déjà énorme, financièrement et moralement
    • Les moyennes et grandes entreprises peuvent garder une activité en continu avec un système d’équipe alternée
    • Là où c’est nécessaire, l’état peut intervenir pour aider. Mais son aide sera ainsi divisée par deux !
    • Pratiquement tous les métiers ont aussi une activité “offline” qui ne requiert pas la présence des clients. Ils peuvent donc s’en occuper pendant la semaine de confinement → on est bien au au-delà des 50% d’activité

Mis à part son efficacité sanitaire et ses avantages économiques, la stratégie AQ résout de façon élégante plusieurs problèmes psychologiques/familiaux/sociaux que posent d’autres méthodes de confinement.

Au niveau mental/psychologique :

– C’est un confinement plus facile à supporter : contrairement à un confinement à durée indéterminée (même si il est allégé), avec l’AQ on doit juste attendre la fin de la semaine et on peut s’organiser en fonction, que ça soit pour le travail, les courses ou les loisirs.

– Il est aussi plus facile à accepter car la méthode est rationnelle (vise à maximiser le gain sanitaire), et n’implique pas de choix arbitraires (une coiffure c’est ‘essentiel’ ou pas? une cigarette ? un livre?)  ou d’actes absurdes (masquer des étagères de jeux dans les supermarchés/ changer l’heure de sortie sur l’attestation 5 fois par jour)

Au niveau de la famille :
– La logistique familiale est facilitée: les parents peuvent envoyer leurs enfants à l’école et se rendre au travail la même semaine. Durant l’autre semaine, ils peuvent s’en occuper à la maison.

– Les tensions accentuées par le confinement peuvent être évacuées. On n’est pas dans la situation d’une ‘cocotte minute’ qui finit par exploser. Contrairement au confinement général, pendant lequel des cas de violences au sein de la famille n’ont pas été reportés car les victimes n’avaient même pas l’espace pour alerter ou demander de l’aide. Une semaine dehors, change tout.

Et au niveau social, c’est une méthode plus juste, plus égalitaire :

– Pas de travailleurs non essentiels mis à part

– Et plus d’égalité de chances pour les enfants (dans le cas d’apprentissage à distance, les enfants provenant de milieux plus pauvres sont fortement défavorisés par manque d’équipement, de conditions physiques pour travailler et de possibilité d’être suivis par les parents et des profs particuliers).

  • Oui, et voici ce que cela qui signifie :
  1. Evidemment, si l’on avait le pouvoir d’éteindre les lumières, et de mettre le monde entier sur « off » d’un coup d’interrupteur pendant quelques semaines, cela aurait été encore plus efficace. Mais ce n’est pas le cas quand on parle de confinement total.
  2. Il reste toujours les travailleurs très essentiels. Des données sur la mobilité montre que les confinements les plus stricts impliquent forcément une activité autour de 20 à 30%.
  3. Avec ce nouveau modèle, nous proposons d’atteindre le même niveau d’efficacité tout en conservant une activité conséquente et régulière.
  • Oui ! Mais également :
    ○ Les salles de sport
    ○ Les salles de spectacle, théâtres, cinémas,
    ○ Ainsi que les magasins non essentiels
  • Ceci est le grand avantage de notre méthode : tous les secteurs d’activité maintiennent leur activité.
  • Bien sûr avec du bon sens : dans une région très touchée, il faudra peut-être prendre des mesures complémentaires :
    • En évitant les grands rassemblements
    • Ou en limitant le nombre de places autour d’une table par exemple
  • Mais la règle est et reste que :
    ○ Toutes les professions sont praticables !
  • Oui. Déjà pendant la première vague, notre travail a suscité pas mal d’intérêt. Nous avons été contactés par de nombreux responsables politiques à travers le monde.
  • Il y en a eu différentes applications au niveau local
    • Dans la grande entreprise Leuze,
    • Pour les systèmes scolaires en Autriche
    • Dans les bureaux gouvernementaux en Israël
  • Aucun pays n’a encore appliqué notre stratégie au niveau national
    • Parce que chercher une solution qui parait complexe n’est pas le bon choix quand nous pensions que cela finirait vite
    • Sur le papier, cette solution apparait plus compliqué qu’un confinement total
  • Avec le recul que l’on a maintenant, on réalise qu’il est nécessaire de trouver de meilleures solutions que les stratégies simples, voir simplistes
  • Voilà pourquoi nous sommes là : vous sensibiliser au message
    • Qu’une alternative existe
    • Que cette alternative est plus subtile que d’autres solutions plus contraignantes
  • ET :
    • Qu’elle est possible à mettre en œuvre
    • Qu’elle sauve des vies et minimise les conséquences néfastes de cette épidémie
    • Qu’elle vaut le coup d’être examinée, au moins à l’échelle d’une ville, d’un département ou d’une région
  • Le principe est similaire
  • Notre étude apporte deux avantages majeurs par rapport à ces initiatives :
    • L’importance d’un rythme qui est calé sur le temps d’incubation du virus. On gagne aussi en alternant en demi-journées mais ce modèle n’est pas aussi efficace
    • L’importance de l’application sur l’ensemble d’une population et surtout l’importance de la répartition par foyer. La répartition au sein de l’entreprise doit tenir compte du fait qu’une mauvaise répartition peut être nuisible à l’efficacité de cette stratégie de confinement alterné. En effet, si un employé reste à la maison pendant sa semaine de confinement tandis que sa femme va travailler ou que son enfant se fait contaminer à l’école, tout l’intérêt de ce modèle est rendu caduque.

Contrairement à d’absurdes stratégies, AQ est une stratégie rationnelle fondée sur la science qui utilise l’arme secrète du virus – une infection pré-symptomatique – contre lui. Cela garantit que vous êtes isolé précisément au moment de votre pic d’infection, lorsque vous êtes un «diffuseur invisible» – c’est-à-dire infectieux, mais sans symptômes. Les gens peuvent facilement comprendre cette justification et ne devraient donc pas la considérer comme absurde.

Nous ne nous attendons pas à une coopération parfaite (comme avec toute autre stratégie, y compris la mise en quarantaine complète, la vaccination de masse, le port de masque, etc.). Nos simulations en ont tenu compte, en incluant les transfuges et les travailleurs essentiels comme partie intégrante de la population. AQ fonctionne bien même en cas de conformité partielle.